6/04/2016

Vin de pomme et gens de mer, une histoire à découvrir

L'origine du mot "Sagarno" provient des mots Sagar (pomme) et arno (vin) littéralement «vin de pomme», à l’image de la langue latine qui le nomme « vinum ex malis ». Plus tard aussi, au Moyen Age, la boisson à base de pomme, est appelé pomacium ou poumade.

Il est tout à fait possible que les Basques aient appris la culture du pommier à cidre à l'époque romaine, bien qu'il existait une boisson antérieure à l'arrivée des Romains, la pittarra, élaborée à partir de fruits séchés et d’eau, encore connue à Saint Jean de Luz et ses environs dans les années 50.

Au cours des XV et XVIe siècle la relation en sagarno et mer se noue à travers les campagnes de grande pêche des navires basques à Terre-Neuve et au Groenland. La mauvaise alimentation de leurs marins pendant ces long mois de mer, était compensée par l’apport de vitamine C contenue en abondance dans le sagarno, afin de lutter contre l'une des maladies mortelles les plus redoutées des équipages de l'époque, le scorbut. Les rôles d’embarquement indiquent jusqu’à des 2 à 3 litres quotidiens ! Soit 2 pipes de 480 litres pour 5 marins pour le temps de la campagne.

La nécessité d’avitailler les navires avec des milliers de tonneaux de « boisson magique » à conduit à créer une grande activité cidricole dans tous les villages proches des ports du Pays Basque, de Bayonne à Bilbao.

Les témoignages de cette époque sur l'importance de l'industrie cidricole et des lois la régissant sont très nombreux. Depuis le moyen âge, la règlementation intéresse non seulement les arbres eux-mêmes, mais aussi sur les parcelles sur lesquelles ces fruits sont cultivés.

Les premières lois écrites concernant les pommeraies du Pays Basque datent de 1189 et ont été émises en "Labourd" par le roi Richard Cœur de Lion. Ces lois interdisent principalement l'entrée du bétail dans les vergers de pommiers.
En 1243 le droit coutumier de Navarre « los fueros » relate que les habitants des villes et Ustaritz et de Cambo se sont plaints au Roi Théobald I de Navarre au sujet d'un vol de pommes et de barriques de cidre.

Comme pour la pomme, le sagarno avait sa propre règlementation. Si au début il servait à l’autoconsommation à la ferme, plus tard avec la naissance des premières villes il est devenu une valeur d’échange. Il permettait même d’avoir sa part de l’armement sans besoin d’argent sonnant et trébuchant.

 


En 1412, les Islandais notèrent la présence d’une vingtaine de baleinières basques au large de la pointe ouest de Grundarfjörður, donc à environ 500 milles à l'Est des côtes du Groenland

 

Au cours des XVIe et XVIIe siècles les installations baleinières basques parsemant les côtes de Terre-Neuve, du Labrador et le golfe du Saint-Laurent ont compté jusqu’à neuf mille personnes certaines années, et ont été la première industrie dans l'histoire de l'Amérique du Nord. Dans ces régions, un lien amical s’est tissé avec les indigènes "micmac" et "béothuks" travaillant pour les Basques en échange de bizkotxo et de sagarno, denrées dont ils étaient très friands. La langue d’échange étant le basco-algonquin, un parler maritime simplifié, mélange des langues de chacun. Processus identique en Islande avec le basco-islandais, mais au lieu de liens amicaux, le meurtre d’un « mala gissona », voleur de baleine, n’était passible d’aucune peine, loi abolie très récemment en Islande.

 

Il est établi que les Basques ont parcouru toutes les mers du globe et une partie de leur secret résidait en l’usage de cette boisson magique pour la santé à long terme, « le sagarno ».

 

Puis survint le funeste traité d’Utrecht 1713 qui chassa la marine française et espagnole (donc les basques) des poissonneuses mers du Canada au profit des Anglais et avec le déclin de la grande pêche au départ des ports basques, l’activité cidricole de nos campagnes s’est amoindrie jusqu’à ne plus exister que dans le nom des maisons et des personnes au XX ème siècle.

Depuis 1990 , le sagarno reprend petit à petit sa place dans les loisirs de nos contemporains. TXOTX !

 

                                                         Article aimablement fourni par la cidrerie TXOPINONDO

 

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16/1/2016

 

GIGOGNES

Le BOREAL navire de croisière de Ponant est désormais au sec sur le semi-submersible Kang Sheng Kou, de l’armement chinois Cosco Heavy Transport.

 

La manœuvre  s’est déroulée le 15 janvier devant le port chilien de Punta Arenas, où Le Boréal avait été remorqué suite à l’incendie intervenu dans ses machines le 18 novembre au large des Malouines.

 

 

POURQUOI LES OISEAUX MIGRATEURS VOLENT EN V

 

Souvent, on les entend avant de les voir, ce qui permet de les localiser rapidement dans le ciel. Un long vol en V ou en W, elles sont là, pas de doute, ce sont des grues. Pas toujours pourtant, beaucoup de volatiles utilisent ce positionnement.

. Les vanneaux et parfois les pigeons adop­tent aussi ce vol moins énergivore. Quant aux grues qui passent en cette saison au-dessus de nos têtes, ce sont des grues cendrées nommées ainsi car leur plumage tire vers le gris ardoise. Elles font partie des plus grands migra­teurs d'Europe, avec une envergure qui peut atteindre 2,4 m et une longueur avoisinant 1 à 1,2 m. Elles vont rejoindre le sud de l'Espagne, voire l'Afrique du Nord, pour passer l'hiver au chaud, avant de rejoindre le nord de l'Europe au prin­temps prochain. Toujours en V.

Mais pourquoi au juste les oiseaux se disposent-ils ainsi ? Deux hypothèses principales ont été avancées par les scientifiques. La première est que la formation en V est plus efficace du point de vue aérodynamique et permet aux oiseaux d’économiser de l’énergie, un peu comme les cyclistes d’un peloton qui se regroupent pour  bénéficier de l’effet d’aspiration du groupe et réduire leurs efforts. De même, des avions qui volent en formation peuvent consommer moins de carburant. Selon la deuxième hypothèse, le meilleur navigateur de la troupe se place en tête et les autres oiseaux le suivent.

L’hypothèse aérodynamique semble la plus logique, mais elle s’est heurtée à une objection de principe : selon les modèles théoriques, pour tirer avantage de la formation en V, les oiseaux devraient se coordonner d’une manière extraordinairement précise. En effet, chaque oiseau doit se placer dans la partie ascendante du tourbillon d’air qui se forme à la pointe des ailes de celui qui le précède. Or, le vol d’un oiseau est beaucoup plus instable que celui d’un avion. Comme l’oiseau bat des ailes, le tourbillon ne cesse de monter et descendre. De sorte que pour profiter de la traînée aérodynamique, un oiseau doit non seulement se placer correctement, mais ajuster le rythme de son battement d’ailes en fonction de la distance qui le sépare de son devancier.

De nombreux scientifiques estimaient impossible que les oiseaux soient capables d’une telle coordination en vol, d’où le recours à l’hypothèse alternative de la troupe suivant son leader. Mais en science, c’est l’observation qui tranche. Une étude dirigée par le physiologiste Steven Portugal, du Royal Veterinary College de Hatfield, Royaume-Uni, vient de démontrer que les oiseaux migrateurs peuvent coordonner leurs battements d’ailes beaucoup plus finement qu’on ne le pensait jusqu’ici (l’étude est publiée dans la revue Nature du 16 janvier). Pour tester l’hypothèse aérodynamique, Portugal et ses collègues ont mis au point des capteurs miniaturisés, qui enregistrent les données GPS cinq fois par seconde en synchronisation avec un accéléromètre permettant de compter les battements d’ailes.

Grâce à ces capteurs sophistiqués, l’équipe britannique avait la possibilité d’étudier très précisément la progression de chaque oiseau dans un groupe de migrateurs. Restait à trouver des oiseaux suffisamment apprivoisés pour qu’on puisse les équiper des capteurs et les suivre dans leur migration. L’occasion a été fournie par un projet mené en Autriche pour réintroduire l’ibis chauve, quasiment éteint en Europe depuis quatre siècles. Dans le cadre de ce projet, mené par le biologiste Johannes Fritz, des ibis ont été entraînés à effectuer une « migration dirigée » : ils suivent un avion ultraléger qui les conduit de leurs aires de reproduction en Autriche à leurs quartiers d’été, en Toscane.

L’équipe britannique et celle de Fritz se sont donc associées. En août 2011, Portugal et ses collègues ont équipés de capteurs 14 jeunes ibis à Salzbourg. Puis les oiseaux ont pris leur vol, en suivant l’ULM. Les chercheurs ont rassemblé les données des capteurs pendant trois journées de vol (la migration complète a duré 36 jours). En analysant les données, Portugal a eu la surprise de découvrir que la formation en V des ibis répondait exactement aux prédictions des modèles aérodynamiques : les oiseaux se placent de manière pour optimiser leur vol, et battent des ailes au bon moment. Ce qui signifie qu’ils sont capables de percevoir et de réagir aux courants d’air avec beaucoup plus de précision qu’on ne le croyait jusqu’ici.

Selon Portugal, interrogé dans Nature, « il est impressionnant de voir à quel point ils sont conscients de la position de chacun de leurs compagnons de vol, et de ce que font les autres oiseaux ». Pour le chercheur, il se pourrait que les ibis se servent de certaines de leurs plumes pour percevoir les mouvements de l’air. Si l’on connaît assez bien le système locomoteur du vol animal, il reste de nombreuses découvertes à faire sur le système sensoriel utilisé par les oiseaux migrateurs…

Ces grands migrateurs auraient-ils étudié l'aérodynamique avant d'adopter le vol en V ?

Source Sud-Ouest Mag et internet

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Biarritz - Le Port des Pêcheurs

 

Le Port des pêcheurs a été proclamé "COMMUNE LIBRE" le 7 juin 1961, son maire "Jeannot Dornaletche, dit "Besanbié" en avait été  élu à vie. Les rues et les places ont été rebaptisées par la nouvelle autorité! Ancien marin, Jeannot Dornaletche est décédé brutalement le 14 juin 2015 à l’âge de 82 ans à quelques pas de sa crampotte.

 

 A l'origine, le port de Biarritz était situé à l'emplacement de la plage actuelle du "Port Vieux". Avant 1750, il était appelé "Port dou Hart". Le Port des pêcheurs actuel date de 1780; il ne comptait alors qu'une cale pavée entretenue par les marins, sur laquelle les embarcations étaient hissées à l'aide d'un cabestan en bois. La première digue de sept mètres de long fut construite en 1837, une seconde de trente mètres le fut en 1858.

 Le projet d'extension de l'Empereur Napoléon III ne put jamais être mené à bien, car l'océan détruisit la plupart des ouvrages entrepris. Le port fut inauguré le 11 juin 1865 en même temps que la statue de la Vierge sur le rocher de Cucurlon appelé aujourd'hui Rocher de la Vierge.

La digue de Gamaritz (dite de la cafetière) qui abrite le chenal d'accès au port fut réalisée en 1881.

Au début du XXème siècle, 300 pêcheurs pratiquaient leur activité, mais dans les années 50, il n'en restait plus que 30... De nos jours l'activité dominante est la navigation de plaisance et... le tourisme et la restauration...

Autrefois, le troisième bassin était clos par une porte pivotante qui était fermée à marée haute; ainsi les bateaux pouvaient rester à flot lors de la marée basse. Un système de clapet (qui existe encore) dans le deuxième bassin permettait, lorsque l'on ouvrait cette porte du troisième bassin à marée haute, de réaliser un auto curage pour évacuer les dépôts de sable et de vase.

 

Les petites constructions pittoresques baptisées crampottes sont la propriété de la commune. Elles sont attribuées aux propriétaires de bateaux qui mouillent dans les bassins du port.

Le Port des pêcheurs a été proclamé "COMMUNE LIBRE" le 7 juin 1961, son maire "Jeannot Dornaletche, dit "Besanbié" en avait été  élu à vie. Les rues et les places ont été rebaptisées par la nouvelle autorité! Ancien marin, Jeannot dornaletche est décédé brutalement le 14 juin 2015 à l’âge de 82 ans à quelques pas de sa crampotte.


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L’île des Faisans

 

Pour notre congrès 2016, congrès transfrontalier franco-espagnol, quelqu’un a émis l’idée de le faire dans l’île des Faisans. On se souvient tous de notre cours d’histoire collège ou Lycée où Louis le Quatorzième épouse l’infante d’Espagne, ce qui a fait sans doute   la « une » de la presse pipole  de l’époque !

   

Ne  pensez pas y tenir congrès,  Il n’y a rien dans l’île !.  D’ailleurs,  il n’y a même pas de faisans et selon certains historiens, le nom de l’ilot viendrait de l’expression « ce faisant » que Mazarin négociateur français du traité des Pyrénées employait à tour de bras et que son homologue espagnol Luis de Haro, qui lui ne cessait de dire « qué dices ? » aurait finalement mal interprétée. !

De plus son accès est interdit au public.

L'île des Faisans (en espagnol : Isla de los Faisanes) ou île de la Conférence (en basque : Konpantzia) est une petite île fluviale située sur la Bidassoa, mesurant environ 200 m de long sur 40 m dans sa plus grande largeur, à proximité de l’embouchure et de la baie Txingudi.

Jusqu'en 1659, l'île était possession de la ville de Hondarribia et  s'appelait Insura Haundia (la « grande île », en basque). La frontière entre nos deux pays passe sur l'îlot même.

 Depuis le traité de Bayonne de 1856, précisé par une convention en 1901, l'îlot est un condominium (souveraineté exercée conjointement par un ou plusieurs pays) sous l'autorité de la France et de l'Espagne, changeant de patron tous les six mois: du 1er août au 31 janvier pour la France, du 1er février au 31 juillet pour l'Espagne. Le condominium est géré par deux vice-rois, officiers de marine, l'un commandant de la base navale de l'Adour à Bayonne, en service depuis 1983, l'autre commandant de la station navale de Hondarribia et de San Sébastian pour l'Espagne. Or, les économies dans le budget de la Défense ayant entraîné la fermeture de la base navale de l'Adour,  l'Île aux Faisans va perdre son vice-roi à mi-temps! Le vice-roi serait désormais à Bordeaux….

Revenons à l’histoire, au traité des Pyrénées (Un monument commémoratif de la conférence de 1659 a été élevé en 1861 sur l'île des Faisans par les deux pays).

 

En matière de troc royal, il y avait eu le 9 novembre 1613 un précédent matrimonial dans l’île : Anne d’Autriche, sœur de Philippe IV d’Espagne qui doit épouser Louis XIII est échangée avec Elizabeth de France, sœur de Louis XIII,  qui elle doit convoler avec Philippe IV. Cet évènement, moins connu du grand public,  inspira sans doute les négociateurs du traité des Pyrénées, qui n’en finissaient pas de palabrer sur l’îlot pour déterminer la ligne de frontière entre les deux pays et qui probablement  pour conclure, avec Mazarin à la manœuvre,  eurent l’idée de  marier les cousins Louis XIV et Marie-Thérèse  d’Autriche fille de Philippe IV. Le traité fut signé le 7 novembre 1659,  mariages à Hondarribia le 3 juin 1660, puis à Saint-Jean de Luz en l’église Saint-Jean Baptiste le 9 juin. Entre temps, le 6 juin sur l’île, les deux souverains, le jeune  Louis XIV et Philippe IV d’Espagne (l’oncle du premier) se jurent une amitié éternelle. La promesse ne tiendra pas longtemps puisque qu’une nouvelle guerre 16667-1668 oppose à nouveau les deux pays,  l’Espagne ne payant pas la dette prévue au traité, la France réclamant le trône d’Espagne.

Ils se rabibocheront à Aix-la Chapelle, et non dans l’île des Faisans !

25/7/2015


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