Mai 2015

  

LE DRAME DU LA COUBRE


Georges Brun, décédé récemment, avait fait toute sa carrière à la Transat et se trouvait embarqué sur le « La Coubre » en 1960 lorsque le navire explosa à Cuba. Il eut la vie sauve, mais perdit tous ses effets personnels. Lorsque ses petits-enfants entreprirent de réaliser une biographie de leur grand-père, ils réalisèrent qu’il leur manquait un document important, le fascicule de Georges disparu avec ses effets personnels à Cuba. A la demande  de sa veuve Mme Brun-Zammit,  nous avons contacté le service des archives du Centre des Pensions de Paimpol qui a bien voulu lui fournir les renseignements nécessaires à la reconstitution de sa carrière. Nous en remercions les personnels de l’ENIM pour leur dévouement.


« Lancé le 16 avril 1948 par le chantier Canadian Vickers Ltd de Montréal, le cargo La Coubre de la CGAM utilisé sur les lignes d'Afrique du Nord passa à la Compagnie Générale Transatlantique le 11 octobre 1951, commençant à faire la navette entre la France, les Antilles françaises, l’Amérique centrale et les Etats-Unis au service de l'Indépendance Line. Le 4 mars 1960, dans le port de La Havane, une cargaison de 76  tonnes de munitions explosa à bord.





La déflagration éventra tout l'arrière du navire et ravagea les alentours. Six hommes du bord furent tués : Lucien ALOI, François ARTOLA, Jean BURON, Jean JENDRON, Alain MOURAT, André PICARD et l'on releva soixante-treize morts et trois cent six blessés parmi le personnel portuaire.


 Remise à flot un mois plus tard, l'épave quitta La Havane le 22 août, remorquée par le néerlandais Oostzee, qui l'amena jusqu'à Rouen : un périple de 4 000 milles.

 

On reconstruisit toute la partie arrière aux Chantiers de Normandie, à Grand-Quevilly et le navire put reprendre son service sur les Antilles le 1er avril 1961. Le reste de la carrière de « La Coubre » fut Dieu merci, plus paisible (si ce n'est un échouement à l'entrée de Paramaribo, le 16 avril 1967, et un début d'incendie à Houston, le 15 avril). Le 27 septembre 1972 «La Coubre » fut  vendu à la Dorothéa Shipping Co.. et renommé « Barbara », sous pavillon cypriote.


Coïncidence historique, ces tristes événements arrivèrent au moment ou les écrivains Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir visitaient Cuba à l’invitation de Fidel et du « Che ». Ces auteurs emblématiques de la littérature française contemporaine participèrent , sur la place de la Révolution, aux adieux aux victimes.

Cuba a dénoncé à maintes reprises la responsabilité de la CIA dans la destruction du cargo français dans le port de La Havane. Plus d’un demi-siècle plus tard, le gouvernement des Etats-Unis persiste à garder au secret des documents de ses archives liés à l’attentat de La Coubre. »


Voir aussi :

http://www.lamarseillaise.fr/analyses-de-la-redaction/decryptage/38673-en-quete-de-verite-sur-l-explosion-de-la-coubre